BDC avec Kimberly Patenaude

Brian Faddoul | Kimberly Patenaude Brian Faddoul rencontre Kimberly Patenaude, directrice de compte chez la BDC afin de parler des programmes qui sont mis en place pour les entreprises en lien avec la situation actuelle.

Brian Faddoul reçoit Kimberly Patenaude de la BDC

 

Brian Faddoul: Bonjour tout le monde, Brian Faddoul, courtier hypothécaire commercial chez PMML. Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir avec moi Kimberly Patenaude, directrice de compte chez la BD pour vous parler de tout ce qui se passe, des programmes qui sont mis en place pour les entreprises en pleine crise du COVID-19. Pour commencer, j’aimerais qu’on parle de la BDC, qui est la BDC et quelle est votre mission. 

 

Kimberley Patenaude: La BDC est la Banque de Développement du Canada. Nous sommes une institution financière qui est prise en charge en grande partie par le gouvernement fédéral donc il est notre actionnaire majoritaire. Nous sommes vraiment en place pour aider les entreprises canadiennes. Nous sommes la banque qui est complètement consacrée au support de l’économie canadienne et au support des PME principalement. C’est notre vocation à la BDC, autant sous forme de différents types de financement que sous forme de services-conseils. 

 

BF: Excellent, donc oui pour avoir beaucoup travaillé dans le passé avec la BDC c’est un atout souvent dans le financement d’entreprise. Vous êtes un joueur important pour aider les institutions financières à accorder des prêts et souvent faciliter tous les programmes de financement pour les entreprises. Peux-tu nous parler un petit peu de toi, de ton parcours et de ton rôle à travers la BDC? 

 

KP: Personnellement mon parcours est un petit peu atypique au niveau des autres banquiers. J’ai été à mon compte pendant plusieurs années dans le monde du détail donc cela me permet d’avoir de la compassion pour ce que les clients vivent au jour le jour. Pour ce qui est de ma charge de travail, je suis sur la Rive-Sud de Montréal et j’aide principalement les petites entreprises. On qualifie les petites entreprises avec un chiffre d’affaires de 2 millions et moins. 

 

BF: Je vais partager un peu aussi mon parcours, donc ancien banquier pour une grande institution financière. J’ai fait beaucoup de financement commercial, avec une spécialisation dans tout ce qui est immobilier commerciale et aussi d’entreprises. J’ai eu la chance de financer plusieurs entreprises au niveau des opérations aussi. Et c’est maintenant un service que l’on offre chez PMML pour tout ce qui est financement d’immeuble commercial et entreprises opérantes. Je trouve ça intéressant de t’avoir aujourd’hui, car pour avoir travaillé beaucoup de dossiers avec la BDC, je trouve que vous êtes un bon partenaire pour les entrepreneurs. 

 

KP: Je tiens à mentionner aussi que, nous avons parlé des différents produits financiers, mais pour être plus précis, plusieurs choses peuvent affecter la vie des entrepreneurs au niveau des entrepreneurs et les prêts de financement hypothécaires commerciaux. On fait des fonds de roulement donc nous pouvons aller injecter des fonds à plusieurs niveaux donc c’est pour cela qu’avec PMML nous avons quelque chose d’intéressant, car nous pouvons faire de beaux prêts au niveau de l’immobilier commercial. 

 

BF: Nous avons parlé brièvement des programmes de la BDC, nous allons entrer un peu plus en détail d’où nous pouvons aller avec le financement et par la suite nous pourrons parler de tout ce qui se passe avec le COVID-19 et les nouveaux programmes d’aide fédéraux. En contexte normal, la BDC vous avez des prêts de roulements, des prêts hypothécaires, plusieurs produits pour les opérations, on pourrait commencer un peu plus par la prêt hypothécaire pour entreprise. Donc vous financez seulement des bâtisses qui sont des entreprises opérantes ou vous faites aussi un petit peu d’investissement immobilier commercial? 

 

KP: On va être en mesure de supporter différents types de projets. Pour les entreprises ce que nous sommes très fiers de faire est de supporter les acquisitions d’immeuble pour des propriétaires-occupants. Quelqu’un qui est à loyer présentement et qui souhaite être propriétaire de sa bâtisse, on pourra le supporter de façon très intéressante. On va pouvoir aller jusqu’à 125% de financement sur le prix d’achat. Bien sûr nous sommes dans un contexte normal, autre que COVID-19. C’est ce que l’on espère faire par la suite. Nous allons pouvoir être en mesure d’amortir le tout sur une période de 25 ans. On peut rendre les paiements hypothécaires de ce projet-là très réalisables et gérables pour l’entreprise. 

 

BF: Si on parle de 125% de financement, je pense qu’il faut faire la nuance pour les gens qui pensent qu’ils vont automatiquement recevoir 125%. Il y a des critères à respecter, des ratios de couverture de dette et des fluxs de trésorerie qui vont être analysée. Il faut que ça ait du sens pour la BDC. 

 

KP: Dans tous les types de financements, tout est conditionnel à la capacité de couvrir la dette de l’entreprise et la capacité d’injection des actionnaires en place. Dans le meilleur des mondes, quand je dis 125% de financement, le projet est beau, la bâtisse est belle, la couverture a du sens, on a un go par rapport à la capacité de l’entreprise de couvrir la dette, on peut aller financer 100% du prix d’achat et le 25% supplémentaire va être applicable pour des frais d’installations. 

 

BF: Parfait et au niveau des autres programmes de la BDC, on a parlé de fonds de roulement pour les entreprises. Je crois que c’est un programme très intéressant qui est en ligne et permet aux entreprises d’aller chercher de l’équité supplémentaire assez rapidement par rapport au processus conventionnel. 

 

KP: En tant normal c’est rapide et c’est efficace. Pour un prêt de fond de roulement ou de l’achat d’équipement en bas de 100 000$, on peut aller directement sur BDC.ca et remplir  une demande de financement en ligne. Nous avons plusieurs avantages relatifs à ce genre de demandes. Ça requiert moins de documentation, la diligence va être un peu moins lourde et ça va être un petit peu plus expéditif et facile pour les entrepreneurs. Nous allons nous baser sur les rapports de crédits des actionnaires de l’entreprise et la capacité d’injection. La totalité de la valeur nette de la personne qui fait la demande. Ce sont les deux points considérés pour un prêt comme celui-ci. 

 

BF: Souvent les gens ont tendance à croire que lorsqu’on finance des entreprises, on regarde uniquement la capacité de l’entreprise, mais il y a aussi les actionnaires derrière qui sont super importants. Le bilan personnel et le score de crédit personnel va venir peser beaucoup dans la balance quand on parle de ce genre de prêts qui sont des plus petits montants.  À part ce programme, nous avons, en temps normal, d’autres outils avec la BDC que vous pouvez faire ou c’est pas mal ça?

 

KP: Au niveau de l’immobilier , ce qui est fascinant pour PMML et les auditeurs, nous avons parlé d’acquisitions d’immeubles pour des compagnies opérantes, mais nous avons aussi un volet pour supporter le financement dans l’immobilier commercial. Les choses ont changé un petit peu au niveau de ça,donc ça va être à revoir pour les projets d’investissements d’immobilier commercial, mais c’est quelque chose que la BDC est en mesure de faire à la hauteur, selon les conditions, de 85% de financement par rapport à un projet d’investissement. On appelle ça un pourvoyeur de retour donc des gens qui vont acheter un édifice commercial afin de louer les locaux. 

 

BF: Absolument et je pense que tu as raison, ça change tellement vite dans tout ce qui est financement commercial avec la situation que beaucoup de prêteurs naviguent dans des territoires un petit peu inconnus. Il y a une portion de risque supplémentaire qu’il n’y avait pas dans les dernières années. Le marché allait super bien et les critères de souscriptions étaient un petit peu plus flexibles, mais je te dirais que quand je regarde dans l’ensemble du marché en ce moment, les conditions des prêteurs se resserrent. Il y a une analyse beaucoup plus poussée qui va être faite et plus conservatrice en ce moment. Il y a aussi des changements au niveau de la tarification. Ça change de jour en jour et en tant que courtier je reçois beaucoup d’appels de gens qui ont de la difficulté à trouver du financement, mais nous sommes en mesure de les diriger vers les bonnes institutions et offrir l’accompagnement d’un professionnel. 

 

KP: L’accent a toujours été mis sur la qualité des baux, des locataires, pour ce genre de projet, mais je crois que ça va être encore plus important d’évaluer le plan d’affaires et la solidité des locataires. 

 

BF: Et aussi la capacité de réinjection des entrepreneurs et des investisseurs devient très importante pour tout ce qui est commercial. Dans le passé c’était important, mais je pense que ça va être encore plus important de le voir. Lors d’une situation comme le COVID-19, j’ai des clients qui ne reçoivent pas de loyers des locataires qui sont fermés. Oui il y a des mesures d’assouplissement en place, mais c’est important en tant qu’investisseur d’avoir les reins assez solides pour pouvoir palier à tout imprévu. 

 

KP: Définitevement, l’architecture de la chose va prendre une importance d’envergure dans les prochains projets. 

 

BF: On pourrait parler aussi de tout ce qui est programme gouvernemental en ce moment avec la COVID-19. Le gouvernement fédéral a annoncé des mesures d’aide pour les entreprises donc on pourrait survoler cet aspect-là pour les entrepreneurs qui nous lisent. 

 

KP: Définitivement, les annonces sont multiples et sont fréquentes dans les dernières semaines. Sachez que dans plusieurs cas, nous étions en mode réaction un petit peu. Les choses changent fréquemment et souvent. On travaille tous beaucoup d’heures pour tenter de venir en aide au plus grand nombre de gens possible. Il y a peut-être de la confusion entre différents programmes donc c’est une bonne opportunité d’éclaircir le tout. 

 

BF: Je pense qu’il y avait le programme d’aide de 40 000$ qui a été annoncé par le gouvernement fédéral qui va être géré par les institutions financières elles-mêmes. Chacune pourra donc gérer ça à sa façon et déterminer comment elles vont prêter cet argent-là et les critères de qualification. 

 

KP: Les grandes lignes pour l’instant de ce prêt est que c’est un prêt à concurrence de 40 000$ qui va être sans intérêt pour un certain nombre de temps. J’ai entendu jusqu’en décembre 2021, mais ça peut aussi changer globalement ou d’une institution à l’autre. On invite beaucoup les entrepreneurs à communiquer avec leur banque à charte pour voir s’ils sont éligibles. Le critère d’éligibilité est d’avoir eu une masse salariale dans les 12 derniers mois d’au moins 50 000$. 

 

BF: Est-ce que la BDC a un autre programme? J’ai vu un programme de fonds de roulement qui est sorti dernièrement je crois.

 

KP: Premièrement, la BDC offre aux clients existants des moratoires de capital jusqu’à 6 mois. Il n’y a aucuns frais au niveau administratif pour la mise en place de ce moratoire-là et c’est vraiment fait pour supporter le fonds de roulement existant des entreprises. Les paiements au niveau des intérêts sont encore exigibles, mais un moratoire au niveau du capital ça laisse un certain souffle. L’initiative de fonds de roulement de BDC est vraiment très intéressante parce qu’elle est offerte à des taux d’intérêts vraiment très avantageux. En gros, ça prend en compte les frais exigibles que les entreprises doivent payer dans les 6 prochains mois considérant une baisse de revenus potentiel d’envergure. On peut donc regarder quelles sont les dépenses exigibles pour les 6 prochains mois et c’est ce que l’on va tenter de financer. L’entreprise doit avoir été viable financièrement au préalable de la COVID-19. Ce n’est pas une initiative de relance en économie normale. 

 

BF: Effectivement, l’entreprise devait être déjà performante par le passé. C’est comme un tampon pour absorber les difficultés financières. 

 

KP: Le plan d’affaires de l’entreprise va être pris en considération aussi. Les choses ont changé donc la vie ne sera pas la même avant et après COVID-19. Le plan d’affaires de l’entreprise doit prendre tout ça en considération. 

 

BF: On parlait que l’entreprise devait être viable auparavant pour être éligible au programme de fonds de roulement de la BDC. Qu’est-ce que vous regardez en ce moment pour ces demandes-là? 

 

KP: C’est certain que les conditions de ce programme sont très avantageuses. Les taux d’intérêt sont très bas donc nous allons vraiment aller pallier à un besoin qui est très criant. Sauf que ce n’est pas un programme de relance globale. On pallie au besoin créer par cette crise-là. Le plan d’affaire est aussi très important à analyser. La vie, surtout au niveau commercial, ne sera pas la même avant et après la crise. Le plan d’affaires de l’entreprise doit prendre ça en considération et planifier sa relance en conséquence. 

 

BF: Je crois que tu as eu la chance de parler à certains entrepreneurs dans le marché. J’aimerais prendre un petit peu le poulx des discussions que tu as eu avec les entrepreneurs. Est-ce que tu sens vraiment qu’il y a eu un stress ou les entrepreneurs sont inquiets par rapport à ce qui se passe? C’est certain que ce n’est pas facile ce qu’il se passe en ce moment. 

 

KP: C’est sur qu’un commentaire qui m’est donné de presque tous mes clients c’est à quel point tout ça a été soudain. Nous étions dans une économie effervescente avant tout ça. Tout roulait très bien, les revenus rentraient sauf que tout d’un coup tout est arrêté d’un coup et c’est là que la panique a embarqué. C’est l’aspect soudain qui est très difficile à gérer pour les entreprises, car il faut qu’il pivote complètement. Il faut être créatif dans la manière de protéger son fonds de roulement puis voir à court, moyen et long terme tout en même temps. C’est ce qui représente un bon défi pour les entreprises. Les baisses de revenus sont très importantes dans certains cas, mais les dépenses n’arrêtent pas nécessairement. Dorénavant, je crois qu’il va être important de regarder, lors de l’analyse financière d’une entreprise, autant l’entreprise que l’entrepreneur, oui les résultats sont importants, mais dans des cas comme aujourd’hui, c’est le bilan qui prend un petit peu plus d’importance. C’est le bilan qui a plus de poids et la capacité d’injection des actionnaires. Il faut regarder ses dettes intelligemment pour atteindre un but précis et garder une certaine équité dans l’entreprise. 

 

BF: Absolumment, car je te dirais qu’avant le COVID-19, dans le marché en général, les conditions de crédit étaient assez flexibles, les montants de financements étaient un petit peu élevés pour certaines transactions. Personne ne pouvait prévoir ce genre d’événement, mais à l’avenir, au niveau de la gestion des risques, ça va être un point que les institutions vont regarder. Autrement, ça met la santé de l’entreprise à long terme à risque. Si on parle un petit peu d’économie et de relance, qu’est-ce que vous prévoyez à la BDC dans les prochains 6 mois, 1 an? Je crois que ça risque de prendre un certain temps avant que la confiance se réinstalle, mais qu’est-ce que vous prédisez de ce côté? 

 

KP: Il y a plusieurs directions dans lesquelles les choses peuvent aller selon l’esprit des entreprises. Il y a une chose qui va être intéressante à voir, à moyen terme, la vigueur manufacturière au Canada. L’indépendance du Canada, par rapport à la création de ses besoins et des besoins de ses résidents. Est-ce qu’on va voir une augmentation des compagnies manufacturières? Ça va peut-être être quelque chose d’intéressant à voir, mais dans le domaine médical, des équipements de protection, ont voit déjà une effervescence au niveau des budgets gouvernementaux par rapport à ce genre de produit-là. Une chose est certaine, dans des crises comme ça, il y a énormément d’opportunités qui sont créées dans une panoplie différente d’industrie. Il faut seulement s’assurer de se relancer dans la bonne direction. 

 

BF: Je pense aussi qu’il va y avoir des points positifs de tout ça. Je pense que le contexte demande énormément de créativité aux entrepreneurs, de s’adapter assez rapidement et certains changements vont sans doute durer à long terme. On le voit dans le domaine de l’immobilier avec les développeurs qui font des visites virtuelles donc ce sont toutes des choses qui avaient été commencées dans le passé, mais qui vont s’accélérer. Pour toutes les entreprises, je crois qu’il y a une grande opportunité de s’adapter et prendre avantage de la nouvelle économie qui va se créer. C’est certain que ça change assez rapidement et ça demande aux entrepreneurs de s’adapter assez rapidement aussi pour pouvoir prospérer. Ce n’est pas vrai que ce qui fonctionnait avant va fonctionner après. 

 

KP: La présence en ligne est importante depuis les 10 dernières années, notamment dans le domaine du détail. Je pense que tout le monde voit à quel point cette présence est importante. Et la population générale, nous sommes sensibilisées à supporter l’entrepreneuriat local donc nous avons les deux extrêmes, il suffit simplement de savoir tirer son épingle du jeu. 

Rapport de marché 2019

Indicateurs de marché, conseils d'investissement et de financement.

L’objectif de ce rapport est de vous fournir des statistiques et du contenu de qualité afin que vous soyez en mesure de passer rapidement à l’action dans vos transactions.