Yannick Champagne et Stéphanie Dontigny: Apprendre de ses erreurs

Patrice Ménard | Yannick Champagne | Stéphanie Dontigny “Ce n’est pas les chiffres, mais la capacité à pouvoir mener le projet plus loin. Après s’être posé la question, nous avons conclu que, oui nous avions la capacité donc il ne faut pas répondre non à la place des autres.” – Yannick Champagne

Patrice Ménard: Bonjour à tous, pour ce nouvel article, j’ai la chance d’avoir avec moi Yannick Champagne et Stéphanie Dontigny. Lors de cette entrevue vidéo nous étions à la Semaine des Millionnaires du Club des investisseur immobilier du Québec.C’est un événement que nous avons fait quelques fois ensemble. Je voulais qu’ils partagent leur parcours car 2018 a été une année qui a vraiment bougé pour eux. Je vais les laisser nous raconter leur parcours et comment ils en sont arrivé à l’investissement immobilier.   

Yannick Champagne: Je suis initialement diplômé en génie civile dans un domaine très particulier au niveau de la corrosion et c’est d’ailleurs dans ce domaine, qui n’est aucunement lié à l’immobilier, que j’ai rencontré Stéphanie. Nous avons fait quelques années dans ce domaine et avons eu notre propre entreprise donc nous avons aussi exploré le côté entrepreneur et le fait d’avoir des employés. Nous travaillions donc 24 heures sur 24 ensemble. Ce sont des années durant lesquelles nous avons mis beaucoup d’efforts. Par la suite nous avons vendu l’entreprise pour nous diriger vers une compagnie d’ingénieur-conseil. 

PM: Qu’est-ce qui vous a amené vers l’immobilier à ce moment-là? 

Stéphanie Dontigny: En fait, nous avons acheté notre première maison, mais nous cherchions plus grand. Nous l’avons donc vendu pour acheter notre deuxième maison. Par le fait même, nous avons acheté un très grand terrain qui était développable dans la région de Saint-Jérôme. C’est donc cela qui nous a initié.

YC: Environ un an après l’achat de la deuxième maison, nous avons reçu une lettre de la ville avec toutes les informations et cela a fait en sorte que nous nous sommes posés des questions sur l’immobilier. 

PM: Vous aviez donc une opportunité qui se présentait à vous sans savoir que cela en était une. Qu’est-ce qui vous a amené à passer à l’action par la suite? 

YC: Par la suite, nous nous sommes mis à lire sur les lotissements et notre comptable était, dans une deuxième carrière, promoteur immobilier. Il nous a conseillé de subdiviser le terrain et d’en rouler une partie dans une compagnie pour bâtir éventuellement. Par contre, nous nous questionnons à savoir si nous voulions vraiment faire cela dans la vie. Nous avons donc pris la décision d’aller faire des formations et acheter un immeuble ou deux afin de voir si nous aimions ça et de nous lancer à 100% avec notre projet de développement.    

PM: Donc c’est à ce moment que vous êtes entrés en contact avec le Club

SD: Exactement, Yannick en premier.

YC: J’ai terminé mon coaching en 2015 et, à ce moment-là, nous n’étions pas encore propriétaire de quoi que ce soit. Stéphanie avait déjà touché à un volet de l’immobilier car elle était co-propriétaire d’un duplex avec son père depuis une vingtaine d’années, mais elle a vendu ses parts au fil du temps. Nous avons donc été au bout du coaching et le premier achat que nous avons fait en multi-logements a été en janvier 2016.   

PM: Et quel a été votre première transaction? 

YC: C’est un immeuble que nous avons acheté dans la région de Sorel donc c’est assez loin de Saint-Jérôme, même s’ils nous disent, dans les cours, de commencer près de nous. Je suis tout de même natif de la région et les chiffres étaient bons. Les prix étaient bons et je me disais que, au moins, si nous faisions une erreur, elle ne nous coûterait pas trop chère. Honnêtement je trouve que c’est une belle école.  

PM: On recherche souvent la sécurité en commençant donc certains secteurs vont mieux passer niveau cashflow et seront plus intéressants. C’est certain que la plus value est différente, mais au départ la sécurité est un point important car ce que l’on cherche est un immeuble qui sera payant dès le jour 1. 

SD: Par contre, nous avons fait beaucoup d’offres un peu partout pendant l’année pendant laquelle Yannick a terminé son coaching. Cela ne fonctionnait pas toujours. Nous ne croyions d’ailleurs pas que cette première transaction allait déboucher car elle s’est étirée sur plusieurs mois avant de finalement avoir une réponse par surprise. Trois semaines plus tard, nous en avons eu une deuxième qui a été acceptée parmi celles que nous avions faites auparavant. C’était donc toutes des choses que nous avions faites auparavant qui nous revenaient.  

PM: C’est la beauté de l’investissement immobilier car on sème des graines un peu partout et on ne sait pas quand cela va déboucher. Les efforts que vous faites il y a quelques mois finissent toujours par payer et la longévité amène beaucoup de choses. Par la suite, entre ces achats en janvier 2016 et la Semaine des Millionnaires en 2018 l’an passé, avez-vous fait d’autres achats?

YC: Nous avons acheté un autre immeuble dans le coin de Sainte-Adèle. Je dirais que dans les trois cas nous avons été en mesure de refinancer et récupérer notre mise de fonds. Par la suite, lorsque nous sommes venus à la Semaine des Millionnaires de 2018, à travers le réseautage que nous avons fait, notre vision a changé et nous avons eu un déclic. 

PM: C’était dû à quoi? 

YC: Il y avait des barrières que nous nous mettions tous les deux. Par exemple de commencer tranquillement. Une des règles que nous nous étions mises en immobilier étaient que cela n’ait pas d’impact sur notre vie familiale. Nous avons quatre filles et nous ne voulions pas qu’elles aient une amertume envers l’immobilier. Il ne fallait donc pas que cela change notre rythme de vie, mais que nous puissions tout de même investir.  

SD: Notre niveau de gestion risque était vraiment restreint à cause de cela.

PM: Sanaa et moi avons plusieurs belles conversations avec vous et cela tourne beaucoup autour du mindset. C’est une chose que je respecte énormément car il y a une limite aux connaissances immobilières donc, par la suite, il faut se développer en tant que personne. Êtes-vous en mesure de mettre le doigt sur le déclic qui s’est fait?   

YC: Nous avons rencontré une personne qui nous a partagé un de ses contacts. Je l’ai contacté en revenant et tous ses listings étaient au dessus de 100 unités donc nous nous sommes dit que ce n’était pas dans notre ligue. Quelques semaines plus tard, lors d’un déjeuner mastermind, François Brais est venu faire une présentation de son parcours et c’est ce qui a été l’élément déclencheur car il n’a pas commencé avec de petits immeubles.   

PM: Je me souviens la première transaction que j’ai fait avec lui était un 69 logements et la deuxième un 210 logements il faut donc voir grand dès le départ. Si l’on retourne à la Semaine des Millionnaires, vous aviez des gens dans votre entourage qui passaient à l’action et réussissent donc cela remet les choses en perspective.  

“Cela nous a aussi ouvert les yeux sur toutes les possibilités du partenariat et que cela nous permettait de voir beaucoup plus grand que nos capacités à nous uniquement.” – Stéphanie Dontigny

SD: Et durant cette semaine nous avons formé un mastermind avec des gens que nous avons rencontré donc cela nous a permis une certaine ouverture à travers les échanges des différents parcours. C’est vraiment le pouvoir du mastermind qui nous a emmené à un autre niveau.  

YC: De pouvoir se remettre dans le bain à chaque deux semaines permet de prendre des engagements envers soi-même et d’être tenu responsable par la suite. 

PM: Que s’est-il passé suite à la présentation de François Brais? 

YC: Le lendemain matin, nous avons repris le fameux listing que nous trouvions hors de notre portée et avons fait une offre sur un immeuble de 110 logements. Nous étions dans une autre catégorie, mais le mindset était là. Ce n’est pas les chiffres, mais la capacité à pouvoir mener le projet plus loin. Après s’être posé la question, nous avons conclu que, oui nous avions la capacité donc il ne faut pas répondre non à la place des autres. 

SD: Cela nous a aussi ouvert les yeux sur toutes les possibilités du partenariat et que cela nous permettait de voir beaucoup plus grand que nos capacités à nous uniquement. 

YC: Je dirais que nous avons fait un coaching accéléré avec ce dossier. 

PM: Juste pour le bénéfice de nos lecteurs, je sais que la transaction n’a pas abouti, mais vous avez tout de même beaucoup appris à travers tout cela. Votre mindset, par contre, est resté au même niveau par la suite car même si vous ne l’aviez pas acheté vous saviez que vous aviez les capacités de le faire.  

YC: Nous savions que nous sommes en mesure de mettre en confiance des partenaires pour embarquer dans nos projets. 

SD: Cela nous a aussi mis en confiance à savoir qu’un projet est bon, à bien faire nos calculs et faire nos devoirs de la bonne façon. Dans tout cela, tout le monde nous revenait positivement avec ce que l’on présentait donc cela nous a renforcé et mis en confiance.  

PM: Parfait donc maintenant la confiance est là et vous avez bâti votre réseau. Quel a été la prochaine transaction que vous avez faites?  

“Dans nos débuts, ils nous étaient déjà arrivés de recevoir deux offres d’achat acceptées en même temps et en raison de notre inexpérience, nous en choisissions une des deux. Aujourd’hui nous cherchons une façon de conclure les deux.” – Yannick Champagne

YC: Suite au dossier du 110 logements, il y a eu un deux semaines durant lesquelles nous avons eu un petit choc. Nous nous en sommes servis pour apprendre de nos expériences. Par la suite nous nous sommes remis à l’attaque avec une offre d’achat sur un 48 logements qui semblait facile après avoir travaillé sur un 110 logements. Le vendeur était réticent à donner une balance de vente car il voulait récupérer son argent et s’en aller dans un autre projet. En discutant avec le courtier, je lui ai demandé s’il savait que son client pouvait, en accordant une balance de vente, obtenir une marge de crédit garantie par cette dernière. Il y aurait donc environ 80% du montant auquel il aurait tout de même accès. Après avoir discuté avec son client, qui n’était pas au courant, cette solution à changé la donne et nous avons pu obtenir la promesse d’achat acceptée de cette façon. Un mois plus tard, nous avons vu passer sur un site de petites annonces un 22 logements qui était intéressant. J’ai envoyé un courriel au vendeur et il m’a recontacté en après-midi pour une visite. J’ai envoyé la promesse d’achat le soir même, nous nous sommes revus le lendemain et il a accepté sur le coup. Je lui ai demandé quand est-ce qu’il pourrait m’envoyer les documents et il est allé les chercher dans sa voiture. J’ai donc été saisi car j’ai réalisé que la transaction allait se dérouler vraiment vite.  

PM: Et à ce moment vous étiez déjà en transaction avec le 48? 

YC: Exact donc j’avais la tête qui roulait extrêmement vite. J’ai demandé au vendeur s’il me donnait ses originaux et il m’a regardé dans les yeux en me demandant si j’allais vraiment acheter. J’ai donc dis oui et j’ai pris les documents. Dans nos débuts, ils nous étaient déjà arrivés de recevoir deux offres d’achat acceptées en même temps et en raison de notre inexpérience, nous en choissisions une des deux. Aujourd’hui nous cherchons une façon de conclure les deux. Comme nous savions que le 22 logements allait aller vite, nous ne sommes pas allés avec une formule de partenariat passifs, mais plutôt ce que j’appelle hybride donc avec un partenaire actif et des partenaires passifs. Nous avons approché des gens que nous connaissions qui sont aussi actifs et qui, par hasard, venaient d’acheter l’immeuble d’à côté. Cela nous a donc permis de partager les tâches et nous libérer un petit peu pour nous occuper du 48 logements.      

PM: C’est ce que l’on appelle passer à l’action. Félicitation! Quel est votre objectif pour 2019? 

YC: Nous voulons continuer dans l’acquisition. C’est certain qu’il y a un volet optimisation, mais je dirais que la gestion et la coordination étaient notre force par le passé. Nous sommes conscients qu’il y a du travail, mais ce n’est pas un poids pour nous. Je dirais donc que notre force est de pouvoir prendre le poids sur les épaules de nos partenaires et l’emmener de notre côté car nous sommes en mesure de le supporter. 

PM: Tout à l’heure nous parlions de mindset et cela revient encore à cela. Vous aviez une barrière très élevée avec un 110 logements, mais vous avez tout de même pris action même si cela n’a pas fonctionné. Par contre, vous savez maintenant que les autres allaient être faciles. C’est donc ce déclic qui a été la raison de votre prise d’action.  

YC: En 2019, nous entrons dans une étape de plan d’aménagement pour notre terrain, en collaboration avec nos voisins, pour pouvoir soumettre un plan global à la ville. Nous allons donc initier ce projet cette année en parallèle avec nos projets d’acquisitions.    

PM: Avez-vous un objectif précis en terme de nombre de logements ou d’équité que vous désirez atteindre?     

YC: Nous aimerions faire une autre acquisition en plus de finaliser nos transactions en cours, afin d’atteindre le 100 logements. En parallèle nous avons aussi entamé un volet de développement personnel. Nous avons donc débuté des formations en Programmation Neuro-Linguistique . Nous avons fait la formation de base et de praticien et en 2019 nous allons aller chercher la formation de maître. 

PM: Est-il possible de faire un lien entre ce que vous avez appris et l’immobilier? 

SD: Certainement car tout ce que nous avons vécu a brisé les limites. Selon la PNL, les seules limites sont celles que nous nous imposons nous-mêmes. En travaillant notre façon de voir les choses, tout devient possible. Il faut seulement prendre action et savoir identifier les limites que nous nous fixons.    

PM: C’est ce que j’aime car un des pionniers de la PNL est Tony Robbins, que Sanaa et moi suivons depuis des années, et ce sont vraiment les outils pour trouver ce qui nous bloque dans notre vie. Il va toujours y avoir quelque chose, mais lorsque l’on a les outils, cela permet de travailler sur soi même en étant seul. Merci à Yannick Champagne et Stéphanie Dontigny de nous avoir offert leur temps et leurs précieux conseils pour l’écriture de cet article ainsi que pour l’entrevue vidéo. L’entrevue est disponible sur notre page Facebook : PMML ou sur notre site web : pmml.ca

 

Rapport de marché 2019

Indicateurs de marché, conseils d'investissement et de financement.

L’objectif de ce rapport est de vous fournir des statistiques et du contenu de qualité afin que vous soyez en mesure de passer rapidement à l’action dans vos transactions.